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Karim : après Le Parisien, interview France Bleu

Karim Boumedouha : joueur de tennis de table handicapé, il rêve des Jeux paralympiques

Dimanche 9 mai 2021 à 7:00 - 

Par Théophile PedrolaFrance Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Saint-Pierre-lès-Elbeuf

 

    Karim Boumedouha, joueur de tennis de table handisport de Saint-Pierre-lès-Elbeuf, avait dû suspendre sa carrière en 2019 à cause d'un cancer. Aujourd'hui guéri, il rêve de se qualifier pour les Jeux paralympiques.

C'est une grande salle, à Saint-Pierre-lès-Elbeuf, que Karim Boumedouha connaît bien. Le gymnase, tout en longueur, avec des tables installlées, il y va quasiment tous les jours, y compris les week-ends.  Sur le mur, des coupures de journaux de joueurs et joueuses  du club. La dernière accrochée, un portrait de Karim, paru dans la semaine dans Le Parisien"C'est la première fois qu'il y a mon nom dans un journal national... Cela montre que, tout cela, je ne l'ai pas fait pour rien." explique l'homme de 44 ans.

Karim Boumedouha n'est pas un habitué des lumières des projecteurs, son rythme cardiaque augmente face au micro. Pourtant, son palmarès n'est pas de ceux qui tremblent : 15 ans en équipe de France, plusieurs fois champion de France par équipe solo et par équipes, vice-champion du monde par équipes, vainqueur de plusieurs tournois internationaux...

Lui joue dans la catégorie des handicapés, la catégorie 9 ou 10, précisément. Il ne joue pas en fauteuil, mais à du mal à se déplacer : il est né avec un pied-bot, une déformation au niveau des pieds. "J'ai été opéré plus jeune, détaille le sportif. Mais j'ai mis du temps à marcher normalement, à sept ans. Puis j'ai commencé le tennis de table à onze." Sa progression l'emmène jusqu'à l'équipe de France et même la huitième place mondiale dans sa catégorie. 

Mais un cancer, diagnostiqué en 2019 vient tout stopper :"J'ai pensé à arrêter, à laisser ma place." Finalement soigné après une opération, "je me suis demandé si je ne devais pas reprendre pour réaliser mon rêve des Jeux. Il ne me manque qu'une qualification à mon palmarès..."

Au travail jusqu'à 16h, puis à l'entraînement jusqu'à 20h

Encouragé par sa famille et son club, il se lance à nouveau dans les entraînements, aidé par un emploi du temps professionnel aménagé, dans sa salle de Saint-Pierre-lès-Elbeuf. Car Karim Boumedouha n'est pas un professionnel. En plus de son sport, il doit gérer sa carrière financièrement : "Je dois trouver des sponsors. C'est la débrouillardise. On est un peu managers de nos propres projets. Chaque Open, pour se qualifier, coûte 1 500 euros, on en dispute une dizaine par an..."

Nouveauté cette fois, le pongiste représente maintenant l'équipe d'Algérie. "C'était le rêve de mon père que je défende les couleurs du bled ! Après mon cancer, j'y ai pensé, il était comme un fou, je les ai contacté et cela s'est fait très vite..."

Karim Boumedouha partira en Slovénie dans trois semaines, y disputer un tournoi de qualification paralympique. En cas de victoire, il sera qualifié pour les Jeux de Tokyo cet été, et deviendra le premier athlète représentant l'Algérie dans cette discipline.


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